Texte: 

  • Esther Rich

Photos: 

  • Bogsch & Bacco

Limiter les risques cardiovasculaires

Le Service de cardiologie, en partenariat avec d’autres spécialités, mise beaucoup sur la prévention pour une prise en charge efficace des personnes à haut risque cardiovasculaire.

«En Suisse, un tiers de la mortalité est encore due aux maladies cardiovasculaires, un autre tiers est lié aux cancers, et le tiers restant regroupe toutes les autres causes, explique le Pr Georg Ehret, médecin adjoint agrégé au Service de cardiologie des HUG. La prévention est essentielle pour éviter les problèmes cardiovasculaires.  Beaucoup de progrès ont déjà été réalisés, en particulier grâce à l’accès à des traitements médicamenteux efficaces et sûrs. Cela dit, la diminution de leur incidence semble ralentir, mais il reste encore beaucoup à faire.»

Les causes des événements cardiovasculaires, tels que l’infarctus ou l’accident vasculaire cérébral (AVC), sont souvent modifiables, voire évitables. On peut agir sur sa tension artérielle, son taux de cholestérol, son diabète et son surpoids en adoptant une meilleure hygiène de vie. Vaincre sa dépendance au tabac est aussi une piste importante à suivre. Cependant, d’autres aspects influencent le risque, tels l’âge ou la génétique. «En cardiologie, nous sommes capables d’intervenir efficacement dès les premiers signes d’un infarctus du myocarde, poursuit le professeur. Nous voulons être tout aussi efficaces dans la prévention et nous nous y attelons depuis plus de deux ans avec une structure dédiée.»

Plusieurs spécialités sont impliquées pour une meilleure prise en charge. «En collaboration avec le Service d’endocrinologie, diabétologie, nutrition et éducation thérapeutique du patient,, nous proposons  une “consultation lipides” qui s’adresse aux personnes ayant un taux élevé de cholestérol ou de triglycérides. Nous travaillons aussi étroitement avec le Centre d’hypertension ainsi qu’avec les cardiologues et médecins généralistes de la ville», précise le Pr Ehret.

Pour coordonner les différents rendez-vous, l’infirmière de cardiologie préventive, Elise Guillermet, joue un rôle central: «Il consiste, entre autres, à assurer le suivi des patients et à maintenir leur motivation à prendre le traitement.» Cela est particulièrement important dans le cas de l’hypertension artérielle et pour l’hypercholestérolémie. Ces problèmes ne présentent souvent aucun symptôme particulier à leurs débuts. Il peut alors être difficile de motiver la personne à prendre des médicaments si elle ne se sent pas malade et redoute des effets secondaires.

Par son travail de consultation et de suivi, l’équipe du Pr Ehret obtient d’excellents résultats. Sabine*, 73 ans, est ravie: «J’ai une cholestérolémie élevée et des problèmes de tension. Avec le départ à la retraite de mon médecin traitant, j’étais perdue. Depuis que je suis suivie en cardiologie préventive par le Pr Ehret, je suis rassurée. J’ai vraiment l’impression d’avoir quelqu’un qui s’occupe de moi.»

* Prénom d'emprunt.

Collaboration avec le Centre d’hypertension 

«A partir de 60 ans, deux tiers des personnes vivant en Suisse sont hypertendues», explique la Pre Antoinette Pechère, responsable du Centre d’hypertension. Histoire familiale, sédentarité, surpoids, causes rénales ou endocriniennes, excès de sel et d’alcool, de sodas, etc., font partie des multiples causes possibles. Pas étonnant dès lors que le Centre d’hypertension, créé en 2016, travaille en étroite collaboration avec un grand nombre de spécialités, dont la cardiologie. «La prévention est malheureusement le maillon faible de la médecine, alors qu’elle permettrait d’épargner complications et dépenses excessives dans le domaine de  la santé, regrette la Pre Pechère. Les patients à haut risque doivent être accompagnés, il faut travailler sur tous les fronts avec eux et en amont des problèmes.»

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  • Esther Rich

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